Le jeudi 2 Avril 2009, l'organisation Amnesty international (ONG de défense des droits de l'homme) dénonce une nouvelle fois, l'impunité des violences policières en France dans un rapport édifiant intitulé « Des policiers au dessus des lois ».
En effet plusieurs faits divers faisant état de nombreuses bavures policières ont été relatés dans la presse au cours de ces vingt dernières années.
Ceci étant, peut-on réellement parler de « simples » faits divers, lorsque que l'on sait que les victimes sont essentiellement issues des « minorités » à savoir les noirs et les maghrébins ?
Ne sommes-nous pas en droit de nous demander si en réalité il ne s'agit pas plutôt d'une machine meurtrière?
Couleur correcte exigée!
Si « l'habit ne fait pas le moine » comme le veut l'adage, l'uniforme bleu encore moins si l'on comptabilise toutes les bavures commises par la police nationale, bavures dont le nombre n'a fait que s'accroitre au fil du temps et qui ont, bien souvent menée à la mort de nombreuses personnes au mépris des libertés fondamentales et dans l'indifférence la plus totale.
Tel fut le cas d'Abou Bakari Tandia, un jeune malien de 38 ans qui a perdu la vie lors d'une garde à vue dans un commissariat de Courbevoie en 2005, de Bouna Traoré un jeune adolescent originaire du Mali, mort en compagnie d'un jeune magrébin répondant au nom de Zyed Benna, de Lamine Dieng, jeune homme de 25 ans originaire du Sénégal, mort dans un fourgon de police le 7 Juin 2007, de Baba Traoré jeune malien de 29 ans mort noyé après un contrôle d'identité le 4 Avril 2008...
Dans le « meilleur des cas » les victimes s'en sortent avec des coups de matraque, des passages à tabac, des actes de torture accompagnés ou non d'injures à caractère raciste. Ainsi le 17 Août 2006 Albertine Sow,une jeune femme noire alors enceinte de 6 mois a été frappée par les forces de l'ordre à coup de poing et de matraque et ce malgré la grossesse plus que visible de la jeune femme qui a également été aspergé de gaz lacrymogène ainsi que le frère de cette dernière : Yenga Fele....
Hélas d'autres noms peu connus de la population viennent s'ajouter à cette liste : Josiane Ngo, Salif Kamaté, Fatimata M'Baye, Lamba Soukouna....
Rappelons que toutes ces bavures résultent bien souvent de contrôle d'identité quelque peu arbitraire! C'est le moins que l'on puisse dire si l'on tient compte du fait que toutes les personnes contrôlées ont en commun le fait d'être...noires !
Comment peut-on admettre que des êtres humains puissent, de nos jours, perdre la vie entre les mains de la police ? Notamment dans des fourgons, des commissariats ?Que ces personnes puissent être passés à tabac, torturés...et ce, en toute impunité ?
Sommes-nous réellement dans un pays de droit ? Ou est-ce que ces droits ne concernent que les individus bien blancs et au nom bien français ?
Une justice deux poids, deux mesures
Gérard Gachet, ministre de l'intérieur, déclarait il y a peu de temps « Personne n'est au dessus des lois dans ce pays, et surtout pas les policiers »
Cependant dans toutes les affaires relatées lorsque les victimes portent plainte, celles-ci sont quasiment toujours classés sans suite et ce bien souvent sans qu'aucunes enquêtes n'aient été ouvertes au préalable avec des scénarios dignes du grand cinéma !
L'affaire Abou Bakari Tandia en est le parfait exemple. En effet dès le début l'affaire a été classée sans suite et ce avant même que le dossier médical n'ai été communiqué, mais c'était sans compter sur l'acharnement de la famille et des proches de la victime !
Automatiquement les forces de l'ordre ont déclaré que la victime s'était volontairement cogné la tête afin d'éviter une reconduction au Mali, seulement voilà le seul élément qui pouvait corroborer ou démentir leur déclaration à savoir le dossier médical, a comme par enchantement disparu ! Et pour couronner le tout la caméra de surveillance est....tombée en panne !
Au mois d'Août 2008, le dossier médical réapparaît soudain, soit 3 ans après les faits, toutefois aucunes traces de blessure au crâne n'y est mentionnée.
Prenons un autre cas, celui de Fatimata M'Baye une avocate d'origine Mauritanienne qui s'est insurgée contre les mauvais traitements infligés à un sans-papier à bord d'un avion, le 11 Mars 2008, la jeune femme a été arrêté pour s'être « opposée à une reconduite à la frontière » et placé en garde à vue, au cours de laquelle elle a subit deux fouilles corporelles (si vous ne voyez pas de rapport c'est normal, il n'y en a pas !)
Faut-il en déduire qu'il y a UNE « justice » pour les minorités et UNE justice pour les représentants du système ?
Le gouvernement avait-il prévu son coup (alibi ?) en nommant Rama Yade, secrétaire d'état chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme et Rachida Dati ministre de la justice ? Combien de Lamine Dieng devront encore subir les rouages du système ? Combien de Baba Traoré devrons encore perdre la vie ? C'est à ses questions que la justice devra désormais répondre sans quoi il n'y aura pas de paix !
«Pas de justice, pas de paix ! »
